Une tombe oubliée, un évêque incrédule et une ville qui n'oublia jamais.
Le dicton inventé du jour
À la Saint-Bénigne, la paix nous fait signe ; quand novembre commence, que la bonté s'avance.
1er novembre — Antiquité chrétienne
Summarium latinum : Sanctus Benignus, martyr Divionensis, antiquitus in Burgundia veneratus est. Eius sepulcrum saeculo sexto a Gregorio Lingonensi episcopo restauratum est. Vita eius magna ex parte traditionibus posterioribus nititur. Nomen Benignus benevolentiam significat.
Le tombeau que l'évêque voulait faire oublier
Au début du VIe siècle, les habitants de Dijon viennent prier devant un ancien sarcophage. Ils y allument des cierges et racontent que des guérisons se produisent auprès de cette sépulture. Mais Grégoire, évêque de Langres, se méfie de cette dévotion : il pense que le tombeau pourrait appartenir à un païen et cherche à faire cesser ce culte.
Selon Grégoire de Tours, son descendant, le martyr Bénigne apparaît alors à l'évêque dans une vision et lui reproche son attitude. Le prélat change d'avis, fait restaurer le tombeau et construire une basilique. Ainsi commence l'histoire monumentale de Saint-Bénigne de Dijon.
Un martyr dont la vie demeure mystérieuse
La tradition raconte que Bénigne serait venu d'Orient pour évangéliser la Bourgogne, avant d'être arrêté et supplicié sous un empereur romain. Les récits décrivent des tortures auxquelles il aurait miraculeusement résisté avant de mourir un 1er novembre.
Ces épisodes ne peuvent cependant être considérés comme historiquement établis. Les textes détaillant sa vie furent élaborés plusieurs siècles après les faits supposés. Ce qui est certain, c'est l'existence de son culte à Dijon au VIe siècle.
Son sanctuaire devint une grande abbaye bénédictine, particulièrement rayonnante sous Guillaume de Volpiano, vers l'an mil. L'église abbatiale est aujourd'hui la cathédrale de Dijon. La crypte témoigne encore de cette longue histoire.
Bénigne, un prénom de douceur
Le prénom vient du latin benignus, qui signifie « bienveillant », « favorable » ou « bon ». Il fut particulièrement associé à la Bourgogne et à la tradition religieuse dijonnaise.
On le retrouve chez Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), le célèbre évêque de Meaux et orateur de Louis XIV ; chez Bénigne de Bacilly (vers 1625-1690), compositeur et théoricien du chant français ; et chez Bénigne Gagneraux (1756-1795), peintre dijonnais dont les œuvres furent appréciées à Rome.
Le prénom circulait donc encore dans les milieux religieux, artistiques et bourgeois des XVIIe et XVIIIe siècles. Il est devenu très rare à l'époque contemporaine, sans qu'on puisse affirmer qu'il ait totalement disparu des naissances.
Si vous appelez votre fils Bénigne…
Vous lui donnerez un prénom ancien, étroitement lié à Dijon et porteur d'une qualité universelle : la bienveillance. Il pourra aussi rappeler que la fermeté de conviction et la douceur du caractère ne sont pas incompatibles.
Pour conclure
Bénigne est un saint dont la biographie demeure incertaine, mais dont la postérité est indiscutable. Une sépulture vénérée au VIe siècle est devenue le cœur d'une abbaye, puis d'une cathédrale. Il rappelle qu'un nom presque disparu peut laisser une empreinte immense sur l'histoire d'une ville.
Pour aller plus loin
Ombeline, la mondaine devenue moniale — Ad Gloriam Ignotorum : une autre figure de la Bourgogne chrétienne et un prénom ancien à redécouvrir.
Sources
Larousse, notices de Bénigne de Bacilly et de Bénigne Gagneraux.
Connaissiez-vous l'origine du nom de la cathédrale de Dijon ? Partagez vos découvertes en commentaire et abonnez-vous à Ad Gloriam Ignotorum pour retrouver d'autres prénoms oubliés.

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