Quand les oiseaux menaçaient la cité.
En bref
Saint Agricol fut évêque d’Avignon au VIIe siècle. Ancien moine de Lérins, il aurait favorisé l’implantation de cette spiritualité monastique dans son diocèse. Une tradition pittoresque raconte qu’il délivra Avignon d’une invasion de cigognes. Il mourut vers l’an 700 et demeure le saint patron de la cité.
Résumé en latin ecclésiastique
Sanctus Agricola, Avenione saeculo septimo natus, monachus Lirinensis factus est atque postea Ecclesiam Avenionensem ut episcopus fideliter rexit. Monachos Lirinenses ad populum suum vocavit, ut vita spiritualis augeretur. Secundum traditionem, ciconiarum agmen, quod civitati nocebat, benedictione fugavit. Die secunda Septembris circa annum 700 obiit et patronus Avenionensis veneratur.
Un saint enraciné dans la terre d’Avignon
Les documents contemporains de saint Agricol sont rares. Il faut donc distinguer le noyau historique des embellissements ajoutés par les siècles.
Agricol serait né à Avignon vers 630. Une tradition en fait le fils de saint Magne, lui-même évêque de la ville, mais cette filiation demeure difficile à établir avec certitude.
Le jeune homme aurait choisi la vie monastique à l’abbaye de Lérins. Sur cette île méditerranéenne, les moines vivaient dans la prière, le travail, l’étude et le dépouillement. Agricol y apprit qu’on ne gouverne véritablement les autres qu’après avoir essayé de gouverner son propre cœur.
De retour à Avignon, il devint évêque vers 660. Son épiscopat aurait duré près de quarante années. Il fit venir des religieux formés à Lérins afin de renouveler la vie spirituelle de son Église.
Le martyrologe d’Avignon, rédigé plusieurs siècles plus tard, le présente comme un évêque glorieux, célèbre par ses vertus et ses miracles. Il mourut, selon la tradition, le 2 septembre 700.
Le miracle des cigognes
La légende la plus célèbre de saint Agricol ressemble à une miniature médiévale.
Une multitude de cigognes aurait envahi les environs d’Avignon. Les oiseaux dévoraient serpents et autres animaux, mais abandonnaient leurs restes autour de la ville. La chaleur provençale provoqua rapidement une odeur insupportable et fit craindre les maladies.
Les habitants se tournèrent vers leur évêque.
Agricol bénit les oiseaux et leur ordonna de quitter la cité. Les cigognes s’envolèrent alors en emportant les dépouilles qui souillaient les environs.
Le récit n’est pas un procès-verbal zoologique. Il appartient au langage symbolique de l’hagiographie. L’évêque apparaît comme le gardien de la cité, celui qui rétablit l’ordre lorsque la création elle-même semble devenue menaçante.
La cigogne devint ainsi l’un des attributs iconographiques de saint Agricol.
Ce que saint Agricol nous enseigne
Le nom Agricola signifie en latin « cultivateur » ou « celui qui travaille la terre ».
Cette étymologie éclaire admirablement sa mission. Un évêque ne fabrique pas la sainteté de son peuple. Il prépare la terre, sème la Parole, protège les jeunes pousses et attend patiemment que Dieu donne la croissance.
Saint Paul le rappelle dans la première lecture de ce jour : les apôtres et les pasteurs ne sont que des serviteurs. Ils plantent et arrosent, mais c’est Dieu qui fait grandir.
Agricol nous invite donc à cultiver ce qui nous a été confié : une famille, une paroisse, une amitié, une vocation ou une simple parcelle de paix au milieu du monde.
L’Évangile du jour
Dans l’Évangile selon saint Luc, Jésus guérit la belle-mère de Simon, puis de nombreux malades. Au matin, « Il les quitta et s’en alla dans un endroit désert. »
Le désert n’est pas un refus d’aimer. Il est le lieu où l’amour retrouve sa source. Jésus ne se laisse pas enfermer par le succès obtenu dans une seule ville : il doit porter la Bonne Nouvelle ailleurs.
Saint Agricol unit lui aussi ces deux mouvements : le retrait monastique de Lérins et le service pastoral d’Avignon.
Lectures : 1 Corinthiens 3, 1-9 ; Psaume 32 ; Luc 4, 38-44.
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Dicton du 2 septembre
Septembre se nomme le mai de l’automne.
Le mois commence encore dans la lumière estivale, tandis que les premiers signes de l’automne apparaissent déjà.
Une présence toujours vivante à Avignon
La collégiale Saint-Agricol, située au cœur d’Avignon, conserve la mémoire de son patron. L’édifice actuel associe plusieurs périodes de construction, du Moyen Âge aux siècles suivants.
Saint Agricol fut officiellement proclamé patron d’Avignon en 1647. Sa fête continue d’y exprimer le lien entre la ville, son histoire et la foi de ses habitants.
Le prénom survécut également en Provence. L’un de ses porteurs les plus célèbres fut Agricol Perdiguier, compagnon menuisier, écrivain et homme politique du XIXe siècle, surnommé « Avignonnais la Vertu ».
Le prénom Agricol
Agricol vient du latin agricola, formé à partir de ager, « champ », et colere, « cultiver ».
Le prénom est aujourd’hui exceptionnel en France. Sa rareté est telle qu’il n’apparaît pas toujours dans les statistiques annuelles, les données de l’Insee ne publiant pas les effectifs inférieurs à trois naissances.
Agricol évoque la patience, l’enracinement et le travail discret qui prépare une fécondité future.
Si vous vous appelez Agricol…
Bonne fête !
Votre prénom porte la mémoire d’un évêque profondément lié à sa ville et d’un cultivateur de la vie spirituelle. Qu’il vous rappelle que les plus belles récoltes commencent souvent par un geste humble, accompli sans témoin.
Prière à saint Agricol
Saint Agricol,
pasteur fidèle de l’Église d’Avignon,
apprends-nous à cultiver avec patience
la terre que Dieu nous confie.
Protège nos villes de la peur,
nos maisons de la division
et nos cœurs du découragement.
Obtiens-nous la sagesse de servir,
le courage de semer sans voir immédiatement le fruit
et l’humilité de reconnaître
que Dieu seul donne la croissance.
Amen.
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L’année dernière, nous évoquions Saint Syagrius — évêque d’Autun à l’aube du monde mérovingien.
Sources
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