Veuf, père d’un futur pape et artisan de la réconciliation avec Constantinople, il porta l’un des prénoms les plus dépaysants de l’histoire pontificale
Évangile du jour
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 17, versets 1 à 9
Jésus conduit Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne. Son visage devient brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la lumière. Moïse et Élie apparaissent auprès de lui, tandis qu’une voix venue de la nuée proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »
La Transfiguration rappelle que la gloire du Christ se révèle pour fortifier les disciples avant l’épreuve de la Croix. Saint Hormisdas dut lui aussi préserver la communion de l’Église au milieu des divisions, des oppositions politiques et des longues négociations entre Rome et Constantinople.
Dicton inventé
À la Saint-Hormisdas, réconcilie avant que la querelle ne casse.
Le diacre qui avait déjà fondé une famille
Hormisdas naquit à Frosinone, dans le Latium, probablement au Ve siècle.
Son prénom, très inhabituel à Rome, révèle sans doute une influence orientale ou perse.
Avant de devenir clerc, il fut marié.
Il eut au moins un fils, Silverius, qui deviendra lui-même pape plusieurs années après sa mort.
Devenu veuf, Hormisdas entra dans le clergé romain.
Il fut ordonné diacre et devint l’un des collaborateurs importants du pape Symmaque.
Cette période était marquée par de violents conflits autour de l’élection pontificale.
Hormisdas acquit donc très tôt une expérience de la diplomatie, de l’administration et des rapports avec les pouvoirs politiques.
Il fut notamment envoyé auprès du roi ostrogoth Théodoric, qui gouvernait alors l’Italie depuis Ravenne.
À la mort de Symmaque, Hormisdas fut élu pape le 20 juillet 514.
Son pontificat fut dominé par la rupture entre Rome et Constantinople connue sous le nom de schisme acacien.
Depuis 484, les deux sièges ne partageaient plus pleinement la communion ecclésiale.
Le conflit concernait la réception du concile de Chalcédoine et la manière de parler des deux natures du Christ.
Hormisdas envoya plusieurs délégations à Constantinople.
Les premières négociations échouèrent, notamment en raison de l’hostilité de l’empereur Anastase Ier.
La situation changea après la mort de celui-ci en 518.
Son successeur Justin Ier souhaitait rétablir la communion avec Rome.
Hormisdas proposa alors une profession de foi devenue célèbre sous le nom de Formule d’Hormisdas.
Le patriarche de Constantinople et de nombreux évêques orientaux la signèrent.
Le 28 mars 519, la communion fut officiellement rétablie après trente-cinq années de séparation.
Hormisdas intervint également dans les affaires ecclésiastiques de Gaule, d’Espagne, d’Antioche et d’Alexandrie.
Plusieurs de ses lettres adressées à saint Césaire d’Arles et à saint Avit de Vienne ont été conservées.
Il mourut à Rome le 6 août 523.
Son fils Silverius fut élu pape en 536, cas exceptionnel d’un père et d’un fils tous deux devenus évêques de Rome.
Étymologie et variantes
Le prénom Hormisdas vient d’une forme grecque et latine du nom perse Hormizd ou Ormazd.
Ce nom est lié à Ahura Mazda, divinité suprême de l’ancienne religion zoroastrienne.
Dans les langues européennes, on rencontre plusieurs formes :
Hormisdas ;
Hormisdus ;
Hormizdas ;
Ormisda en italien ;
Hormizd ;
Hormouz ou Ormazd.
Le passage d’un nom d’origine religieuse perse à celui d’un pape romain constitue l’un des voyages les plus étonnants de l’histoire des prénoms chrétiens.
Note culturelle
Hormisdas ne fut pas le seul personnage chrétien à porter ce nom.
On connaît également des martyrs perses et des dignitaires orientaux appelés Hormizd.
Son prénom rappelle que le christianisme ancien ne se développa pas seulement dans l’univers latin ou grec.
Il entra aussi en contact avec les langues, les empires et les traditions religieuses de la Perse.
Popularité du prénom
Hormisdas n’a pratiquement jamais été utilisé en France.
Il demeura rare même en Italie, où le pape était pourtant honoré.
Le prénom apparaît surtout dans les livres consacrés aux papes, aux conciles et aux relations entre Rome et Constantinople.
Il est tellement rare qu’un enfant nommé Hormisdas risquerait d’être pris successivement pour un personnage de fantasy, un médicament ou une dynastie perse.
Si vous appelez votre fils Hormisdas…
Votre fils portera le nom d’un pape, d’un diplomate et d’un artisan de l’unité chrétienne.
Il devra probablement l’épeler pendant toute sa vie.
On lui demandera si le prénom vient de Tolkien, de l’ancienne Perse ou d’une erreur administrative.
Il pourra répondre qu’Hormisdas réconcilia Rome et Constantinople, puis attendre que la conversation devienne soudainement beaucoup plus respectueuse.
Souvenirs, souvenirs
Le 6 août 2025, nous découvrions :
Bienheureux Thaddée Dulny : la lumière au cœur de Dachau
Jeune séminariste polonais, Thaddée Dulny fut arrêté pendant l’occupation allemande et déporté à Dachau. Il y partagea ses maigres rations avec les autres prisonniers avant de mourir d’épuisement le 6 août 1942.
Le titre exact figure dans la liste des articles publiés le 6 août 2025.
Après Thaddée, dont le prénom reste familier malgré sa rareté, voici Hormisdas, qui semble être arrivé directement d’une cour impériale perse.
Sources
Lettres du pape Hormisdas relatives au rétablissement de la communion avec Constantinople
Calendrier d’Ad Gloriam Ignotorum pour le souvenir de 2025.
Prière
Saint Hormisdas,
toi qui œuvras avec patience
pour rétablir la communion entre les Églises,
apprends-nous à servir la vérité sans nourrir les divisions.
Obtiens-nous la fermeté dans la foi,
la patience dans le dialogue
et le désir sincère de l’unité.
Amen.
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Hormisdas est-il un prénom pontifical majestueux ou l’un des noms les plus difficiles à porter aujourd’hui ?
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