Pèlerin venu du nord des îles Britanniques selon la tradition, il mourut à Pavie après avoir confessé sa foi et son tombeau devint célèbre pour des guérisons
Évangile du jour
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 23, versets 1 à 12
Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens de dire sans faire. Il rappelle ensuite que le véritable disciple ne recherche ni titres ni premières places : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »
C’est l’Évangile proclamé le 22 août 2026, jour où l’Église latine célèbre également la Vierge Marie Reine.
Gunifort est précisément l’un de ces saints dont nous ignorons presque tout du rang social : seule sa fidélité a traversé les siècles.
Dicton inventé
À la Saint-Gunifort, dans l’épreuve trouve ton réconfort.
Un étranger arrivé à Pavie
Gunifort, également appelé Gunifortus, Gunifortis ou Guinefort, appartient aux saints anciens dont la biographie se trouve à mi-chemin entre histoire locale et tradition hagiographique.
Son culte est particulièrement lié à Pavie, en Lombardie.
Le Martyrologe romain le mentionne parmi les martyrs célébrés le 22 août.
Les traditions médiévales le présentent comme un pèlerin venu d’un pays situé au nord des îles Britanniques.
Certaines sources le disent irlandais.
D’autres écossais.
D’autres encore anglais.
Cette hésitation vient probablement du mot médiéval Scotus, qui pouvait désigner un Irlandais aussi bien qu’un Écossais selon les époques.
Gunifort aurait voyagé avec son frère Gunibald et deux sœurs dont les noms ne sont pas toujours conservés.
Ils auraient quitté leur patrie pour mener une vie de pèlerinage chrétien sur le continent.
La tradition conduit finalement Gunifort en Italie.
Il aurait été arrêté à proximité de Milan ou de Pavie.
Blessé ou torturé pour sa foi, il aurait encore vécu quelques jours après son supplice.
Il mourut finalement à Pavie.
Son tombeau devint rapidement un lieu de vénération.
Des récits médiévaux lui attribuent notamment la guérison d’aveugles et de lépreux venus prier auprès de sa sépulture. Une tradition française plus tardive le présente aussi comme invoqué contre les fièvres.
La documentation est trop tardive pour reconstituer avec certitude les circonstances de son martyre.
En revanche, son culte ancien à Pavie est bien attesté.
Le 22 août reste sa fête traditionnelle.
Étymologie et variantes
Le nom Gunifort appartient vraisemblablement à la grande famille des prénoms germaniques médiévaux.
Le second élément rappelle fort, avec l’idée de force ou de fermeté, même si l’étymologie exacte demeure discutée.
Variantes :
Gunifort ;
Gunifortus ;
Gunifortis ;
Guinefort ;
Ginefort.
Attention cependant : Guinefort désigne aussi dans une célèbre tradition médiévale française un lévrier vénéré populairement comme saint.
Notre Gunifort de Pavie est bien un martyr humain.
Note culturelle
Gunifort eut autrefois une dévotion jusque sur le territoire français.
La crypte de l’ancien château de Montargis possédait une chapelle consacrée à saint Ginefort, invoqué notamment contre les fièvres. Une publication archéologique ancienne rattache explicitement cette dévotion au martyr célébré le 22 août.
Voici donc un saint aujourd’hui presque inconnu dont le nom a autrefois voyagé de Pavie jusqu’au Gâtinais.
Popularité du prénom
Autant dire que Gunifort n’encombre pas les listes de prénoms les plus donnés en France.
Il possède pourtant plusieurs qualités remarquables :
médiéval ;
germanique ;
facile à retenir ;
totalement improbable ;
et surtout capable de rimer avec réconfort.
Ce dernier avantage n’est pas négligeable pour notre rubrique des dictons.
Si vous appelez votre fils Gunifort…
On vous demandera certainement :
« Guenièvre ? »
Vous répondrez :
« Non, Gunifort. »
Puis :
« Comme réconfort. »
Cette méthode devrait permettre de régler assez rapidement les problèmes de prononciation.
Votre fils pourra ensuite expliquer que son patron était un pèlerin martyrisé à Pavie dont le tombeau fut réputé pour ses guérisons.
Il sera probablement le seul Gunifort de son école, de son département et peut-être du pays.
Souvenirs, souvenirs
Le 22 août 2025, nous découvrions :
🕯️ Saint Symphorien d’Autun : le jeune homme qui n’a pas fléchi
Le calendrier fourni pour Ad Gloriam Ignotorum confirme bien ce titre exact au 22 août 2025.
Symphorien était un jeune martyr gaulois célèbre à Autun. Gunifort nous conduit cette année de l’autre côté des Alpes, vers un autre martyr ancien dont la mémoire s’est enracinée dans une ville précise.
Sources
Martyrologe romain, saints du 22 août.
Omnium Sanctorum Hiberniae, synthèse des traditions anciennes sur Gunifort de Pavie.
Catholic Online, notice « St. Gunifort ».
Tradition archéologique française concernant la chapelle Saint-Ginefort de Montargis.
Prière
Saint Gunifort,
toi qui quittas ton pays
et demeuras fidèle au Christ jusqu’au martyre,
obtiens-nous la force dans l’épreuve.
Sois auprès de ceux qui souffrent,
apprends-nous à chercher notre réconfort en Dieu
et à marcher avec confiance vers lui.
Amen.
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Gunifort est-il trop médiéval pour revenir aujourd’hui, ou la rime avec « réconfort » suffit-elle à lui donner une seconde chance ?
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