Saint Friard, l’ermite dont le prénom semble avoir froid

 

Laboureur des bords de Loire, il quitta tardivement les champs pour vivre dans une île, planter son bâton et combattre les tentations





Évangile du jour

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 14, versets 13 à 21

Jésus voit la foule, guérit les malades et multiplie cinq pains et deux poissons afin que tous puissent manger.

Saint Friard fut d’abord un homme de la terre. Son existence rappelle que le Royaume de Dieu peut germer dans une vie ordinaire, puis produire un fruit inattendu lorsque quelqu’un accepte de partager le peu qu’il possède. Le 2 août 2026 correspond au dix-huitième dimanche du temps ordinaire.


Dicton inventé

À la Saint-Friard, partage ton pain sans attendre le soir.


Le laboureur devenu ermite

Friard vécut au VIᵉ siècle dans le pays nantais.

Il ne venait ni d’une famille noble ni d’un milieu savant.

Grégoire de Tours, presque contemporain du saint, le présente comme un homme issu d’une famille de travailleurs de la terre.

Friard exerça lui-même le métier de laboureur pendant une grande partie de sa vie.

Ses compagnons de travail se moquaient parfois de sa piété et de sa douceur.

Il supportait ces humiliations sans répondre par la violence.

Selon son hagiographe, il considérait même que le mépris l’aidait à préserver son humilité.

Ce n’est qu’à un âge déjà avancé qu’il décida de quitter le monde.

Il aurait eu environ cinquante ans lorsqu’il se retira dans la solitude.

Friard choisit une île de la Loire appelée Vindunitta dans les textes anciens.

Sa localisation exacte reste discutée.

Elle a été rapprochée d’Indret, de Besné ou d’un ancien territoire insulaire situé près de Nantes.

L’ermite bénéficiait de la protection de saint Félix, évêque de Nantes.

Il construisit une cellule modeste et se consacra au travail manuel, au jeûne et à la prière.

Un Nantais nommé Secondel vint bientôt partager sa vie.

Les deux hommes habitaient dans des cellules séparées, tout en priant et en travaillant ensemble.

Une tradition raconte que Friard planta son bâton desséché dans le sol.

Le bois aurait repris vie, produit des feuilles puis grandi comme un arbre.

Le prodige rappelait que Dieu pouvait rendre fécond ce qui semblait mort.

Friard aurait également subi de violentes tentations.

Un compagnon, incapable de supporter cette austérité, quitta l’île.

Secondel lui-même partit quelque temps avant de revenir auprès de l’ermite.

Friard l’accueillit sans reproche.

Il fut ensuite recherché par les habitants des campagnes, qui lui demandaient des conseils et des prières.

Il mourut vers 573 ou 583.

Grégoire de Tours raconte sa vie dans son ouvrage consacré aux Pères, ce qui donne à sa mémoire une source exceptionnellement ancienne.

Friard et Secondel restent honorés dans le diocèse de Nantes, où une fête annuelle est célébrée au début du mois d’août.


Étymologie et variantes

L’origine du prénom Friard demeure incertaine.

Il pourrait venir d’un ancien nom germanique lié à la paix, à la protection ou à la liberté.

On rencontre plusieurs formes :

  • Friard ;

  • Friardo ;

  • Fridard ;

  • parfois Frédard dans certaines adaptations ;

  • Friard d’Indret ;

  • Friard de Besné.

Le prénom peut aussi être rapproché, sans identité certaine, d’anciens noms germaniques construits sur l’élément frid, « paix ».


Note culturelle

Saint Friard appartient à une catégorie assez rare : les saints paysans dont la biographie ne commence ni au palais, ni au monastère, ni dans une école épiscopale.

Il est présenté au travail, dans les champs, parmi des compagnons parfois grossiers.

Sa sainteté ne consiste pas à mépriser le monde rural, mais à transformer la patience apprise dans le travail de la terre en discipline spirituelle.

Son histoire constitue également une source sur les ermites des marais et des îles de la Loire au VIᵉ siècle.


Popularité du prénom

Friard semble avoir été extrêmement rare, même au Moyen Âge.

Il a surtout survécu dans la mémoire locale, les noms de paroisses et les textes hagiographiques.

Aujourd’hui, il évoque davantage un nom de famille, une faute de frappe ou une manière ancienne de dire que quelqu’un a froid.

Il possède pourtant une sonorité germanique assez proche de Briard, Fridolin ou Frédard.


Si vous appelez votre fils Friard…

Votre fils portera le prénom d’un saint laboureur connu de Grégoire de Tours.

Il devra toutefois s’habituer à entendre :

« Friard, comme quelqu’un qui a très froid ? »

Il pourra répondre que son patron vivait dans une île humide de la Loire. Ce détail ne dissipera probablement pas la plaisanterie, mais il lui donnera une remarquable cohérence historique.


Souvenirs, souvenirs

Le 2 août 2025, nous découvrions :

Saint Bohaire, l’évêque des blés et des clochers

Bohaire, également appelé Béthaire, fut évêque de Chartres au VIIᵉ siècle. Son titre est bien inscrit au calendrier du blog pour le 2 août 2025.

Après l’évêque des blés, voici Friard, qui travailla lui-même la terre avant de chercher Dieu dans la solitude.


Sources


Prière

Saint Friard,
toi qui sanctifias le travail de la terre
avant de chercher Dieu dans la solitude,
apprends-nous la patience et l’humilité.

Fais germer dans nos vies
ce qui semble sec et sans avenir.

Amen.


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Le prénom Friard mérite-t-il de sortir des marais de la Loire, ou doit-il rester prudemment attaché à son ermite nantais ?

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