À Catane, il se déclara lui-même chrétien devant le tribunal, lut les Béatitudes à son juge et marcha vers la décapitation avec le livre des Évangiles suspendu à son cou
Évangile du jour
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 18, versets 15 à 20
Jésus explique comment reprendre un frère qui a péché, d’abord seul à seul, puis avec des témoins, avant d’en appeler à la communauté. Il conclut par cette promesse : lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, il est présent au milieu d’eux. C’est bien l’Évangile proclamé le 12 août 2026.
Euplius avait précisément fait de l’Évangile sa règle de conduite. Trois siècles après le Christ, posséder publiquement le livre pouvait suffire à vous conduire devant un tribunal.
Dicton inventé
À la Saint-Euplius, garde l’Évangile plus près du cœur que du cursus.
L’homme qui se dénonça presque lui-même
Euplius, appelé également Euplus ou Euplio, vivait à Catane, en Sicile, au début du IVᵉ siècle.
Il était diacre de la communauté chrétienne.
Nous sommes en 304, en pleine persécution de Dioclétien.
Les autorités cherchent les chrétiens et leurs livres sacrés.
La Passion de saint Euplius, texte ancien considéré comme particulièrement précieux pour l’histoire de son martyre, fournit une date très précise : le 12 août 304.
Euplius ne semble pas avoir cherché à se cacher.
Selon le récit, il se trouvait près du tribunal avec les Évangiles sur lui.
Il cria qu’il était chrétien et qu’il désirait mourir pour le nom du Christ.
Le gouverneur Calvisianus le fit comparaître.
Plutôt que de lui arracher immédiatement le livre, il lui demanda d’en lire un passage.
Euplius choisit les Béatitudes.
Il proclama heureux ceux qui souffrent pour la justice et expliqua que cette parole était la loi de son Seigneur.
La scène est extraordinaire : le procès devient presque une lecture publique de l’Évangile.
Le gouverneur ordonna qu’on le torture.
Euplius fut interrogé une nouvelle fois.
Il traça alors le signe de la croix sur son front avec la main qu’il pouvait encore mouvoir.
Il répéta qu’il était chrétien et qu’il lisait les Écritures divines.
Les supplices continuèrent.
On lui demanda finalement de sacrifier à Mars, Apollon et Esculape.
Euplius répondit qu’il adorait le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Son seul sacrifice serait désormais sa propre vie offerte au Christ.
La condamnation fut prononcée.
Avant de conduire le diacre au lieu de l’exécution, ses bourreaux lui suspendirent au cou le livre des Évangiles avec lequel il avait été arrêté.
Un héraut marchait devant lui en annonçant sa condamnation.
Euplius avançait, selon la Passion, comme s’il allait recevoir une couronne.
Il pria longuement puis présenta lui-même sa tête au bourreau.
Il fut décapité.
Des chrétiens vinrent ensuite récupérer et ensevelir son corps.
Le Martyrologe romain conserve sa mémoire au 12 août et rappelle qu’il avait été emprisonné parce qu’on l’avait trouvé avec les Évangiles entre les mains.
Étymologie et variantes
L’étymologie d’Euplius n’est pas totalement unanime.
Le nom latin Euplius correspond à plusieurs formes grecques ou gréco-latines anciennes.
On le rapproche notamment de Euplous, construit sur eu, « bien », et plous, « navigation, voyage maritime », ce qui donnerait l’idée de « bonne navigation » ou de « voyage favorable ». Une tradition onomastique italienne propose toutefois une autre origine, ce qui invite à rester prudent.
Variantes :
Euplius ;
Euplus ;
Euplio ;
Euplo ;
Euplios ;
Eupliusz dans certaines langues slaves.
Note culturelle
Le nom possède une saveur particulièrement sicilienne grâce au culte ancien du martyr de Catane.
Mais Euplius demeure largement éclipsé par sainte Agathe, autre grande martyre de la ville.
La tradition catholique locale le considère néanmoins comme l’un des anciens protecteurs de Catane.
Son attribut le plus logique n’est pas une épée, une grille ou un animal : c’est un livre.
Popularité du prénom
En France, Euplius est pratiquement inexistant.
La forme italienne Euplio demeure elle-même très rare.
Le prénom possède pourtant quelques qualités contemporaines : il est court, antique, international et relativement facile à prononcer une fois qu’on l’a lu deux fois.
Le problème reste qu’on risque d’entendre « Youplius », ce qui enlève légèrement de la majesté au martyr sicilien.
Si vous appelez votre fils Euplius…
Vous lui donnerez le nom d’un homme qui fut arrêté avec un Évangile dans les mains et qui profita de son procès pour le lire à son juge.
Il faudra probablement épeler le prénom à chaque inscription administrative.
On lui demandera peut-être s’il s’agit d’un personnage romain, d’un philosophe grec ou d’une marque pharmaceutique.
Il pourra répondre simplement :
« Diacre de Catane, décapité en 304. »
Normalement, personne ne demandera une seconde justification.
Souvenirs, souvenirs
Le 12 août 2025, nous découvrions :
Saint Herculan de Brescia : le silence du lac et la lumière du cœur
Le calendrier du blog confirme bien Saint Herculan de Brescia : le silence du lac et la lumière du cœur pour le 12 août 2025.
Après Herculan, dont le prénom avait déjà une belle robustesse antique, Euplius nous fait encore franchir un degré supplémentaire dans l’archéologie des prénoms.
Sources
Diocèse de Trévise, dossier sur saint Euplius et transcription de sa Passion.
Martyrologe romain, mémoire du martyr de Catane au 12 août, repris dans la notice diocésaine.
AELF et Vatican News, lectures du 12 août 2026.
Calendrier d’Ad Gloriam Ignotorum pour le souvenir de 2025.
Prière
Saint Euplius,
toi qui portas l’Évangile dans tes mains
et plus encore dans ton cœur,
apprends-nous à ne jamais avoir honte de la Parole du Christ.
Donne-nous la fidélité dans l’épreuve,
la liberté devant les puissants
et l’amour des Écritures.
Amen.
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Euplius pourrait-il rejoindre les prénoms antiques que l’on redécouvre, ou restera-t-il définitivement réservé aux martyrologes ?
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