Sainte Julitte, la plaideuse que le tribunal condamna pour sa foi


Dépouillée par son propre homme d’affaires, elle allait gagner son procès lorsqu’on lui reprocha d’être chrétienne





Évangile du jour

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 13, versets 47 à 53

Jésus compare le Royaume des Cieux à un filet ramenant toutes sortes de poissons. Une fois sur le rivage, ce qui est bon est conservé et ce qui ne vaut rien est rejeté.

Sainte Julitte fut elle aussi soumise à un jugement. Le tribunal qui devait lui rendre ses biens préféra finalement la condamner pour sa foi.


Dicton inventé

À la Sainte-Julitte, reste droit quand l’injustice t’irrite.


La femme qui réclamait justice

Julitte, parfois appelée Juliette, vivait à Césarée de Cappadoce au début du IVᵉ siècle.

Elle appartenait à une famille riche et possédait plusieurs domaines.

Un homme chargé d’administrer ses affaires profita de sa confiance.

Il s’empara progressivement de ses terres, de ses biens et d’une grande partie de ses revenus.

Julitte tenta d’abord de récupérer son patrimoine sans recourir à la justice.

Devant le refus de l’administrateur, elle porta finalement l’affaire devant un tribunal.

Les preuves semblaient confirmer ses droits.

Le magistrat paraissait disposé à condamner celui qui l’avait dépouillée.

Son adversaire utilisa alors une accusation sans rapport avec le litige.

Il déclara que Julitte était chrétienne.

Sous les persécutions de Dioclétien, une chrétienne refusant de sacrifier aux dieux pouvait perdre toute protection juridique.

Le président du tribunal interrompit donc le procès.

Il demanda à Julitte d’offrir de l’encens aux divinités de l’Empire.

Elle aurait pu récupérer ses terres en accomplissant publiquement ce geste.

Elle refusa cependant de renier le Christ pour sauver sa fortune.

Le tribunal qui devait juger un vol transforma ainsi la victime en accusée.

Julitte fut privée de la possibilité de défendre ses biens.

Elle fut ensuite condamnée à être brûlée vive.

Selon la tradition, elle entra dans le feu en rendant grâce à Dieu.

Son corps aurait été retrouvé préservé des flammes et entouré d’un parfum agréable.

Saint Basile de Césarée consacra plus tard une homélie à cette martyre de son Église.

Cette proximité chronologique donne à son existence un fondement plus solide que celui de nombreuses figures connues uniquement par des légendes médiévales.

Julitte mourut probablement vers 303 ou 304.

Elle est commémorée le 30 juillet dans le Martyrologe romain.


Étymologie et variantes

Le prénom Julitte vient du latin Iulitta.

Il s’agit probablement d’un diminutif féminin de Julia, issu du nom de la grande famille romaine des Iulii.

Formes et variantes :

  • Julitte ;

  • Julitta ;

  • Julieta ;

  • Juliette ;

  • Ioulitta dans les traditions grecques et slaves.

Julitte ne doit pas être confondue avec sainte Julitte ou Juliette de Tarse, mère du jeune martyr Cyr.


Note culturelle

Le procès de Julitte illustre une forme particulière de persécution.

Elle n’est pas arrêtée lors d’une célébration clandestine ni dénoncée pour avoir prêché.

Son appartenance religieuse est utilisée par son adversaire pour l’empêcher d’obtenir justice.

La procédure judiciaire devient donc une arme économique : il suffit de révéler qu’une femme est chrétienne pour lui retirer ses droits.


Popularité du prénom

Julitte fut toujours beaucoup plus rare que Julie ou Juliette.

Le prénom se rencontre surtout dans les calendriers religieux, les généalogies anciennes et certaines régions marquées par le culte des martyrs orientaux.

Sa forme Juliette, devenue célèbre par la littérature, a presque entièrement absorbé le souvenir de Julitte.


Si vous appelez votre fille Julitte…

Elle portera un prénom ancien, féminin et immédiatement reconnaissable, tout en restant beaucoup plus rare que Juliette.

Les gens penseront probablement que vous avez oublié une syllabe ou commis une faute sur le livret de famille.

Elle pourra répondre que Julitte existait bien avant Shakespeare et que sa patronne savait déjà ce qu’était un procès dramatiquement mal engagé.


Souvenirs, souvenirs

Le 30 juillet 2025, nous découvrions :

Sainte Godeliève de Ghistelles, la martyre du mariage, lumière dans l’Artois

Maltraitée puis assassinée sur l’ordre de son époux, Godeliève devint une grande figure de la Flandre chrétienne. Son titre est bien inscrit au calendrier du blog pour le 30 juillet 2025.

Après Godeliève, victime d’une injustice conjugale, voici Julitte, privée de justice parce que chrétienne.


Sources


Prière

Sainte Julitte,
toi qui fus dépouillée de tes biens
et privée de justice à cause de ta foi,
obtiens-nous de ne jamais vendre notre conscience.

Apprends-nous à défendre la vérité
sans haine et sans lâcheté.

Amen.


Commenter et s’abonner

Le prénom Julitte mérite-t-il de retrouver une existence propre, ou restera-t-il toujours dans l’ombre de Juliette ?

Partagez votre avis et abonnez-vous à Ad Gloriam Ignotorum.




Commentaires