À Césarée de Maurétanie, un soldat chrétien préféra perdre la tête plutôt que défiler sous un emblème religieux contraire à sa foi
Évangile du jour
Évangile selon saint Matthieu, chapitre 13, versets 54 à 58
Jésus revient dans son pays, mais ses compatriotes refusent de reconnaître la sagesse qui lui a été donnée. Ils pensent trop bien connaître ses origines pour accueillir sa parole.
Saint Fabius fut lui aussi jugé d’après les apparences. Les autorités ne virent en lui qu’un homme chargé de porter un étendard. Lui comprit que ce geste public engageait sa conscience et sa fidélité au Christ. Le 31 juillet 2026 est également la mémoire liturgique de saint Ignace de Loyola.
Dicton inventé
À la Saint-Fabius, que ta conscience ne plie pas sous l’abus.
Le soldat qui refusa l’étendard
Fabius vivait au début du IVᵉ siècle à Césarée de Maurétanie.
Cette ville correspond à l’actuelle Cherchell, sur la côte algérienne.
Elle était alors la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne.
Nous ignorons presque tout de la jeunesse et de la famille de Fabius.
Les sources le présentent généralement comme un soldat ou un homme attaché au service public provincial.
Vers 303 ou 304, l’empereur Dioclétien lança une nouvelle persécution contre les chrétiens.
Les fonctionnaires et les militaires devaient manifester publiquement leur fidélité aux cultes de l’Empire.
Le gouverneur de Maurétanie convoqua une grande assemblée provinciale à Césarée.
Un cortège officiel devait accompagner cette réunion.
Fabius fut désigné pour porter l’étendard du gouverneur.
Cet honneur apparent posait toutefois un problème de conscience.
La bannière comportait vraisemblablement des images ou des symboles associés aux divinités païennes et au culte impérial.
La porter revenait donc, aux yeux de Fabius, à participer à une cérémonie religieuse incompatible avec sa foi.
Il refusa la mission qui lui était confiée.
Sa décision fut considérée comme une désobéissance publique.
Fabius fut arrêté puis jeté en prison.
Les autorités lui laissèrent probablement le temps de revenir sur sa décision.
Conduit devant le tribunal, il continua cependant à se déclarer chrétien.
Il ne cherchait pas à provoquer l’autorité ni à déclencher une révolte.
Il refusait simplement d’accomplir un geste qu’il jugeait idolâtrique.
Le juge le condamna alors à mort.
Fabius fut décapité à Césarée vers 303 ou 304.
Le Martyrologe romain conserve sa mémoire au 31 juillet.
Une tradition plus tardive raconte que le juge interdit de donner une sépulture honorable au martyr.
Sa tête et son corps auraient été jetés séparément dans la mer.
Les deux parties se seraient miraculeusement rejointes avant d’être portées par les flots jusqu’à Cartenna, où les chrétiens les auraient ensevelies.
Cette conclusion merveilleuse appartient à une partie tardive et moins fiable de sa Passion.
Étymologie et variantes
Fabius est un ancien nom romain.
Il vient de la gens Fabia, l’une des grandes familles de la République romaine.
Le nom est généralement rapproché du latin faba, « fève ».
À l’origine, il aurait pu désigner une famille cultivant des fèves ou liée à leur commerce.
Variantes et formes proches :
Fabius, en latin ;
Fabio, en italien, espagnol et portugais ;
Fabien, forme française apparentée ;
Fabian, en anglais, allemand et polonais ;
Fabiano, en italien et en portugais.
Note culturelle
Le nom Fabius évoque d’abord la Rome antique.
La famille des Fabii donna plusieurs généraux et hommes politiques, notamment Fabius Maximus, célèbre pour sa stratégie prudente contre Hannibal.
Le saint de Césarée renverse cette tradition militaire.
Il ne devient pas célèbre en portant victorieusement une bannière, mais en refusant celle qu’on voulait lui imposer.
Son histoire pose ainsi une question toujours actuelle : jusqu’où un fonctionnaire ou un soldat peut-il obéir lorsqu’un ordre engage directement sa conscience religieuse ?
Popularité du prénom
Fabius est extrêmement rare en France comme prénom.
Sa forme Fabio reste beaucoup plus vivante en Italie, au Portugal et dans les pays hispanophones.
Fabien connut en France une popularité importante durant la seconde moitié du XXᵉ siècle.
La forme latine Fabius paraît aujourd’hui savante, aristocratique et très romaine.
Elle est également devenue un nom de famille bien connu en France, ce qui peut rendre son emploi comme prénom plus inhabituel encore.
Si vous appelez votre fils Fabius…
Votre fils portera un prénom court, antique et immédiatement solennel.
On lui demandera peut-être s’il appartient à une grande famille romaine, à une dynastie politique française ou à une promotion de latinistes particulièrement motivés.
Il pourra répondre que son saint patron fut précisément un homme qui refusa de défiler pour impressionner les puissants.
Souvenirs, souvenirs
Le 31 juillet 2025, nous découvrions deux articles consacrés au même martyr romain :
Saint Tertullien, prêtre et martyr de Rome
Saint Tertullien de Rome, le prêtre martyr au nom de polémiste
Le calendrier du blog conserve bien ces deux titres pour le 31 juillet 2025.
Après Tertullien, dont le nom semblait appartenir à un théologien, voici Fabius, dont le prénom paraît avoir été emprunté à un consul romain.
Sources
Nominis, « Saint Fabius », martyr à Césarée de Maurétanie.
Santi e Beati, « San Fabio il Vessillifero ».
Calendrier des saints du 31 juillet.
Calendrier d’Ad Gloriam Ignotorum pour le souvenir de 2025.
Prière
Saint Fabius,
toi qui refusas de sacrifier ta conscience
aux exigences du pouvoir,
obtiens-nous une foi ferme et paisible.
Apprends-nous à respecter l’autorité
sans jamais appeler bien ce qui offense Dieu.
Amen.
Commenter et s’abonner
Le prénom Fabius vous paraît-il noble et antique, ou trop fortement associé à l’histoire romaine et politique ?
Partagez votre avis et abonnez-vous à Ad Gloriam Ignotorum.
Commentaires
Enregistrer un commentaire